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  Citoyen responsable - CPE

Le texte ci-dessous est le résultat d’un travail de réflexion mené par un groupe de "citoyens amateurs" qui a décidé de s’organiser pour analyser et comprendre ce que propose l’actualité.
Merci de nous faire part de vos réactions, critiques, points de vue et propositions.
Le CPE, réforme de fond ou argument électoral ?
Depuis plusieurs semaines, le sujet fait débat par médias interposés.
Il semble qu’on en arrive aujourd’hui à un point de blocage, aucune porte de sortie ne semblant se présenter.

Comment le citoyen électeur peut-il se situer, le plus objectivement possible en tout cas, dans cette abondance d’informations et d’événements ?
S’agit-il d’une réforme de fond, susceptible de relancer significativement l’embauche des jeunes afin de faire reculer un taux de chômage excessif ?
S’agit-il d’une manœuvre politique ayant pour principal objectif de différencier son auteur par rapport à celui qui est numéro deux du gouvernement (et probable futur candidat aux prochaines élections présidentielles), le Premier Ministre, qui nourrit sans doute la même ambition, cherchant à se donner une image de réformateur intransigeant ?

On peut légitiment entreprendre l’analyse du problème sous cet angle et selon ses attirances politiques, donner raison à l’une ou à l’autre de ces hypothèses.
On peut aussi rechercher un positionnement plus argumenté sur le fond ; pour cela, la lecture et l’écoute de la presse peuvent être des sources utiles.

Voici quelques arguments qui éclairent, de différentes façons, le débat ; nous les avons sélectionnés à votre intention.
Les arguments pour ou contre le CPE
Défenseurs et détracteurs du contrat première embauche (CPE) ont affiné leurs arguments depuis le début de la mobilisation des syndicats et des jeunes, les uns assurant qu'il s'agit d'un tremplin vers l'emploi, les autres y voyant un outil de précarisation accrue.
Arguments en faveur du CPE :
> Il favorise l'embauche et permet aux jeunes d'accéder à un "emploi stable", puisque c'est un CDI (contrat à durée indéterminée), alors que les jeunes mettent "8 à 11 ans" à se stabiliser dans l'emploi après la fin de leurs études, en alternant CDD, intérim, stages et chômage.

> L'absence d'une obligation de justifier le licenciement, autorisé pour le CPE pendant les deux premières années, n'autorise pas l'employeur à licencier abusivement (femmes enceintes, salariés protégés).

> En cas de rupture de contrat pendant les deux premières années, le jeune salarié a des droits :

- Si le contrat est rompu au bout de quatre mois et qu'il n'a pas travaillé suffisamment pour prétendre au chômage, le jeune reçoit pendant deux mois à peu près l'équivalent du RMI (460 euros).

- Au bout d'un mois de présence, le salarié bénéficie d'un préavis de deux semaines pour un contrat de moins de six mois et d'un mois pour un contrat plus long.

Ces garanties pourront être "complétées", en concertation avec les syndicats. 

> Le jeune a droit à la formation (DIF) dès le premier mois, contre un an pour le CDI.

> Il peut bénéficier du Locapass, un dispositif facilitant le paiement de la caution pour obtenir un logement.


Arguments contre le CPE :
> La possibilité pour l'employeur de rompre le CPE, durant une période d'essai de deux années et sans obligation de justifier sa décision, est "la porte ouverte à tous les abus" et constitue un traitement "humiliant" pour les jeunes.

> Malgré son appellation de CDI, le CPE reste un contrat précaire puisque l'employeur peut se séparer du jeune salarié et lui proposer un autre CPE, au bout des trois mois de carence imposés, jusqu'à ses 26 ans.

> Les jeunes en CPE vivront pendant deux ans dans la crainte d'être licenciés et n'oseront pas faire respecter leurs droits.

> Un CPE les placera dans une situation inconfortable s'ils veulent obtenir un prêt bancaire ou se loger.

> Le CPE n'est pas efficace pour faire baisser le chômage car il risque de se substituer aux CDD et CDI, sans créer de nouveaux emplois.

> La création du CPE instaure une inégalité dans le droit du travail français entre les jeunes et les autres. Saisi par des parlementaires PS, le Conseil constitutionnel doit se prononcer notamment sur ce point.

> Le CPE porte atteinte au principe de sécurité juridique car "la période de deux ans est une période d'essai", disent aussi les socialistes, invoquant notamment la convention de l'Organisation internationale du travail (OIT).

(Publié le: 17/03/2006 à 16:55:40 GMT Source : AFP )

Si ces arguments en défense ou en accusation ne sont pas suffisants pour convaincre, il reste une autre hypothèse : mettre le CPE à l’épreuve pendant une certaine durée, par exemple six mois ou plus et faire un bilan au terme de cette période.
Mais dans ce cas, il convient de prévoir le dispositif dans la loi même, comme cela fut lors de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse en 1975.

Conclusion
Cet effort d’analyse et de compréhension que nous efforçons d’entreprendre ne peut guère influencer ceux qui ont le pouvoir de décision, c'est-à-dire les politiques et ce n’est pas notre objectif.

Aujourd’hui, à défaut d’une concertation préalable que le gouvernement s’est bien gardé de proposer en temps utile, seule, la rue et son cortège de manifestation, semble être en mesure de faire reculer Monsieur de Villepin. Le citoyen électeur ne peut donc que prendre date, celle des échéances électorales de 2007, en manifestant alors, par son vote, le positionnement qui est le sien présentement concernant cette problématique du CPE.

Préparer l’avenir politique de son pays est un travail de longue haleine, qui se construit jour après jour et non dans la fièvre, la confusion des débats télévisés et l’inflation des promesses électorales, c’est ce que nous pensons.

Le CPE (la suite)

Les arguments pour, les arguments contre, c’est ce que vous avons présenté en développant ce sujet il y a quelques semaines.
Nous pensions que seule, la rue et ses cortèges de manifestants, semblait être en mesure de faire reculer le gouvernement. Nous ne croyions pas si bien dire car c’est exactement ce qui s’est passé. A la trappe le CPE !

Depuis, les commentateurs ont pris du recul.

Sous le titre : « le CPE, c’ est l’ arbitraire légalisé », une philosophe, Cynthia Fleury, professeur à Sciences Pô, a livré son analyse dans Le Monde 2 No 112 du 8 Avril 2006.
Nous vous en recommandons vivement la lecture car la vision de l’auteur est globale et permet de saisir les causes du mal être de la société et des jeunes en particulier.

Autant de repère pour forger des opinions, des convictions, pour définir des attentes citoyennes et pour passer au crible les programmes des prochain(e)s candidat(e)s aux élections présidentielles de 2007.